Décès de Mamadou Super Koné, le photographe des présidents

« Le Mali et le monde perdent un photographe émérite qui a immortalisé de grands moments de notre histoire contemporaine ». L’hommage rendu mardi par le président Ibrahim Boubacar Keïta à Mamadou Koné, dit « Super Koné », est l’une des nombreuses marques de respect et de tristesse qui ont fleuri ces dernières heures.

Décédé lundi 6 mai à Montfermeil, dans la banlieue parisienne à l’âge de 71 ans, Mamadou Koné était un photographe du siècle passé, au sens noble du terme. Un adepte de l’argentique, dont l’objectif aura capturé tant d’instants décisifs dans les couloirs des palais présidentiels des capitales africaines qu’il est difficile de les recenser.

Un quart de siècle de l’histoire politique africaine

Homme affable et prolixe, il avait ses habitudes à la rédaction de Jeune Afrique, où il rendait régulièrement visite aux équipes, jamais avare d’une anecdote sur ses cinquante années de carrière dans les couloirs des palais. Son porte-cigarette en ivoire entre les doigts, il aimait à glisser ici où là quelques piques bien senties, aussi, sur les présidents qu’il a côtoyé, comme ce fut encore le cas moins d’un mois avant sa disparition.

Installé depuis plusieurs années à Sarcelles avec Fatim, son épouse, Mamadou Koné était père de quatre enfants. À Paris, lorsqu’il souhaitait rencontrer ses amis et connaissances, c’est au bar d’un hôtel chic de la Porte Maillot qu’il leur donnait rendez-vous.

Mamadou Koné avait mille choses à raconter. Pendant un demi-siècle, il aura fixé sur pellicule les visages de la majeure partie de celles et ceux qui ont écrit l’histoire du continent. Appareil en bandoulière, il a démarré sa carrière en décrochant une autorisation lui permettant d’accéder aux cérémonies officielles du palais présidentiel malien.

 

Jeune Afrique