Qui sont les deux militaires français morts lors de l'opération de libération des otages au Burkina Faso ?

Les forces spéciales françaises ont libéré quatre otages dans le nord du Burkina Faso, dans la nuit du jeudi 9 au vendredi 10 mai. Au cours de cette intervention, deux militaires français ont été tués, ont annoncé les autorités. Il s'agit du "maître Cédric de Pierrepont et [du] maître Alain Bertoncello, tous deux officiers mariniers au sein du commandement des opérations spéciales", "La Marine nationale est en deuil".

Qui sont ces deux "héros qui ont donné leur vie pour sauver celle des autres", selon les mots de la ministre des Armées, Florence Parly ?

Ils faisaient partie d'un commando prestigieux

Tous deux étaient membres du prestigieux commando Hubert, l'une des sept unités de commandos de la Marine nationale, basée à Saint-Mandrier, dans le Var. Maître Cédric de Pierrepont avait rallié cette unité en août 2012. "Il y occupait les fonctions de chef de groupe commando depuis le 1er avril 2018", précise la Marine nationale. De son côté, maître Alain Bertoncello faisait partie du commando depuis juillet 2017.

D'après le site de Cols bleus, le magazine de la Marine nationale, cette unité est experte en action "sous-marine, en contre-terrorisme et libération d’otages". Le commando Hubert "n’accueille que les titulaires du certificat de nageur de combat, délivré à l’issue d’une formation très sélective de 9 mois à l’école de plongée située à Saint-Mandrier. Moins de cinq commandos la réussissent chaque année".

Ils étaient jeunes

Cédric de Pierrepont est né en 1986 et est entré dans la Marine nationale en 2004. "Il cumulait 15 ans de service au cours desquels il a plusieurs fois été engagé sur des théâtres d’opérations en Méditerranée, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était déployé depuis le 30 mars dernier".

Alain Bertoncello, né en 1991, n'avait, lui, pas encore 30 ans. Entré dans la Marine nationale le 14 février 2011, "il cumulait plus de sept ans de service". "Le maître Bertoncello a participé à des missions de défense des intérêts maritimes français aux Seychelles et à plusieurs opérations extérieures au Qatar, au Levant et au Sahel ; théâtre sur lequel il était engagé depuis le 30 mars dernier."

Ils ont reçu de nombreuses décorations

Tous deux sont passés par diverses unités depuis le début de leur carrière militaire. Cédric de Pierrepont a commencé en tant que fusilier marin, spécialisé dans la protection-défense des sites de la marine. "Il [s'est distingué] en terminant premier sur quarante-sept de son cours de Brevet élémentaire", salue la Marine nationale. Dans la suite de sa carrière, il a été récompensé notamment de la "croix de la Valeur militaire et d’une citation à l’ordre de la Brigade avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale".

Alain Bertoncello avait lui aussi commencé comme fusilier marin avant d'intégrer le commando Jaubert puis Hubert. "Il était titulaire d’une citation à l’ordre du régiment avec attribution de la Médaille d’or de la Défense nationale et était décoré de la Médaille d’Outre-mer pour le Moyen-Orient ainsi que de la Médaille d’argent de la Défense nationale".

Ils sont morts sous les balles des ravisseurs

L'opération qui leur a coûté la vie s'est déroulée dans la nuit de jeudi à vendredi dans le nord du Burkina Faso, près de la frontière malienne, qui est la zone d'influence de l'Etat islamique au grand Sahara. Les militaires français, en investissant ce campement, ont tué quatre personnes, ravisseurs ou simples geôliers. C'est dans l'échange de coups de feu que les deux hommes ont trouvé la mort. Aucun autre soldat français n'a été touché lors de cette opération.

 

France Info TV