Royaume-Uni: duel médiatique entre Hunt et Johnson

C’est le duel médiatique tant attendu de cette campagne, car jusqu’à présent l’équipe de Boris Johnson a soigneusement évité d’exposer son candidat volontiers volubile à tout dérapage verbal face à un Jeremy Hunt réputé pour son sang-froid.

L’exercice est donc vécu par l’équipe Boris Johnson comme un passage périlleux, mais obligé et dont elle espère que l’ancien maire de Londres se tirera sans faire de faux pas.

En revanche du côté de son adversaire, cette confrontation sur la chaîne très populaire ITV, à 20H, heure de grande écoute devant un public en studio, est une aubaine et accueillie avec enthousiasme, car c’est pour Jeremy Hunt, figure moins connue, au charisme limité, l’occasion de montrer qu’il est un peu tout le contraire de son prédécesseur aux Affaires étrangères.

Face à un Boris Johnson et son approche brouillonne sur le Brexit, ses bourdes récurrentes, sa vie privée tumultueuse, Jeremy Hunt veut apparaître comme un candidat beaucoup plus sérieux et qui connaît ses dossiers.

Néanmoins, il n’est pas sûr que ce débat change fondamentalement l’opinion des militants conservateurs seuls à voter et qui au fil des sondages placent invariablement Boris Johnson en tête dans l’espoir que sa force de persuasion fasse la différence face à Bruxelles.

Ce sont les adhérents du Parti conservateur qui vont élire par correspondance le successeur de Theresa May, au poste de Premier ministre. Portrait-robot.

Il est blanc, de sexe masculin et vit dans le sud du Royaume-Uni, voilà les caractéristiques communes de la majorité des adhérents du Parti conservateur. Leur nombre tourne autour de 160 000, c'est-à-dire seulement 0,2 % de la population totale.

Mais c'est pourtant sur leurs épaules et non sur celles des 66 millions de Britanniques que repose le choix du futur Premier ministre. Idéologiquement, la majorité de ces adhérents préfère un piètre Premier ministre en matière de politique intérieure, si celui-ci leur garantit le Brexit.

Une étude de l'institut YouGov publiée en juin dernier, révèle qu'une majorité d'entre eux sont prêts à d'autres sacrifices, au premier rang desquels renoncer à l'unionisme. Selon cette enquête, plus de la moitié d'entre eux accepteraient de perdre l'Irlande du Nord et l'Écosse, voir assister à la destruction de leur propre parti, si c'est le coût à payer pour que le processus de sortie de l'Union européenne aboutisse.

C'est pourquoi Boris Johnson détient la place de favori pour 77% d'entre eux. L'ancien maire de Londres a fait campagne sur une sortie avec ou sans accord pour le 31 octobre. Résultats du vote le 23 juillet.

RFI