Le drame s’est produit mercredi dernier sur le site minier de Luwowo, situé dans le périmètre de Rubaya, à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Un pan de colline se serait effondré à la suite de fortes pluies, ensevelissant de nombreux mineurs artisanaux. Un second glissement de terrain a été signalé le lendemain, selon plusieurs témoignages recueillis sur place.
Rubaya est l’un des principaux sites d’extraction de coltan au monde. La zone produirait entre 15 et 30 % de la production mondiale de ce minerai stratégique, essentiel à l’industrie électronique. La RDC détiendrait, à elle seule, une part majoritaire des réserves mondiales connues.
Des milliers de mineurs artisanaux travaillent quotidiennement sur ce site dans des conditions précaires, souvent sans équipements de protection ni mesures de sécurité adéquates. L’activité se déroule sur des collines instables, entaillées de ravins profonds, où les risques d’éboulements sont récurrents, en particulier en saison des pluies.
Dans un communiqué transmis à la presse, le ministère congolais de la Communication a fait état d’un « éboulement massif » et exprimé sa « profonde consternation » face à ce drame, tout en précisant que les informations disponibles demeurent fragmentaires.
Le site de Rubaya est passé en avril 2024 sous le contrôle du groupe armé antigouvernemental M23. Selon des experts des Nations unies, le mouvement y a mis en place un système de taxation de l’exploitation et du commerce des minerais, générant des revenus importants. Les autorités congolaises dénoncent une exploitation illégale et un « pillage organisé » des ressources minières.
Le gouverneur du Nord-Kivu nommé par le M23, Eraston Bahati Musanga, qui s’est rendu sur les lieux, a également évoqué un bilan provisoire d’au moins 200 morts, sans qu’un décompte indépendant puisse être établi à ce stade. Plusieurs corps auraient été extraits des décombres, selon des sources locales.
La situation reste difficile à évaluer en raison de l’isolement de la zone. Le réseau téléphonique est coupé depuis plusieurs jours et l’administration congolaise, tout comme les organisations de la société civile, ont quitté le secteur depuis l’arrivée du M23. Les informations parviennent principalement par des moyens informels, notamment des motocyclistes circulant entre les localités.
Kinshasa a appelé la communauté internationale à « prendre pleinement la mesure de ce drame », qu’elle relie à l’occupation armée du site. Le gouvernement rappelle que Rubaya avait été classé en statut « rouge » en février 2025, interdisant officiellement toute exploitation et commercialisation des minerais, une décision qui, selon les autorités, n’est pas respectée.
MPI/
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